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Comment se préparer à arrêter de fumer ?

Choisir le jour de sa dernière cigarette est un début. Reste à préparer le café du matin, les pauses, les envies soudaines. Soulager le manque et changer ses habitudes sont deux tâches complémentaires. Les traitements et le soutien comportemental aident à les aborder ensemble : c’est l’approche recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. OMS — Traitements et accompagnement, 2024

Préparer l’arrêt, c’est décider de ce qui vous aidera dans ces moments : un traitement bien compris, une autre façon de prendre sa pause, une personne à appeler. Notre article sur les envies de cigarette en explique les mécanismes. Voici comment passer à l’organisation, du premier bilan au suivi après l’arrêt.

Le manque et les habitudes ne se règlent pas de la même façon

Fumer apporte rapidement de la nicotine au cerveau. À force d’en recevoir, celui-ci s’habitue à sa présence. Lorsque l’apport cesse, des envies, de l’irritabilité ou des difficultés de concentration peuvent apparaître : c’est le manque. Les médicaments d’aide à l’arrêt peuvent l’atténuer. CDC — Comprendre le manque

Mais la cigarette accompagne aussi des gestes et des émotions : finir un repas, téléphoner, s’accorder une pause. Ces situations peuvent réveiller l’envie. Soulager le manque permet de mieux se consacrer à cet autre apprentissage : faire les mêmes choses sans fumer, ou changer le rituel. CDC — Nicotine et habitudes

Garder une raison qui vous parle

Écrivez ce que vous attendez de l’arrêt : ne plus organiser vos sorties autour du tabac, économiser pour un projet, protéger vos proches ou vous débarrasser de l’odeur de fumée. Choisissez vos propres mots et gardez cette liste à portée de main. La relire peut vous aider dans un moment difficile. Tabac info service — Faire le point sur sa motivation

Observer sa consommation avant de la changer

Commencez par décrire votre consommation : quels produits, quelles quantités, depuis combien de temps ? Ajoutez les autres éléments utiles au bilan : alcool, cannabis, médicaments, sommeil, alimentation et activité physique. Ces informations aideront le professionnel qui vous accompagne à choisir une aide adaptée. Assurance Maladie — Évaluer sa consommation

Pour repérer les automatismes, notez aussi le moment de chaque cigarette, la situation, l’émotion et l’intensité de l’envie. Le journal du fumeur proposé par Tabac info service sert à observer ces liens. Il vous aidera ensuite à choisir les habitudes à modifier en priorité. Tabac info service — Repérer les situations qui donnent envie

La première cigarette compte aussi

Le nombre quotidien ne suffit pas à décrire la dépendance physique. Le test de Fagerström prend aussi en compte le délai entre le réveil et la première cigarette, ou la difficulté à s’abstenir dans les lieux où c’est interdit. Apportez vos réponses au rendez-vous. Elles orientent la discussion, mais ne permettent pas de choisir seul un dosage. Tabac info service — Évaluer la dépendance physique

Repartir de ce que vous avez déjà appris

Si vous avez déjà tenté d’arrêter, notez ce qui vous avait aidé, ce qui vous gênait et les circonstances de la reprise. Mentionnez le traitement utilisé, s’il y en avait un. Un médecin, un pharmacien ou un tabacologue peut vous aider à tirer parti de cette expérience pour préparer la suite. Tabac info service — Choisir son accompagnement

Choisir une date sans attendre des conditions parfaites

Certaines personnes préfèrent arrêter pendant les vacances, d’autres garder leurs repères habituels. Choisissez un moment praticable et utilisez les jours précédents pour vous organiser. Attendre une période sans aucun stress risque surtout de repousser l’arrêt. Si vous commencez par réduire, fixez aussi la date de cette première étape. Tabac info service — Choisir son moment

D’un coup ou progressivement ? Ce que montrent les études

Un essai anglais de 2016 a comparé ces deux stratégies chez 697 adultes répartis au hasard. Les uns arrêtaient au jour fixé ; les autres réduisaient de 75 % pendant les deux semaines précédant l’arrêt. À six mois, l’abstinence prolongée, vérifiée selon les critères de l’étude, concernait 22 % du premier groupe et 15,5 % du second : un écart de 6,5 points de pourcentage. Lindson-Hawley et coll. — Essai randomisé, 2016

Arrêter d’un coup peut se préparer avec des aides

Dans cet essai, les deux groupes recevaient un soutien et des substituts nicotiniques avant et après l’arrêt. Les résultats ne décrivent donc pas un arrêt sans aide. L’étude n’était pas réalisée en aveugle et portait sur des adultes volontaires suivis en Angleterre : ses pourcentages ne prédisent pas une réussite individuelle. Lindson-Hawley et coll. — Conditions et limites de l’essai

L’ensemble des études est plus nuancé. Une synthèse Cochrane publiée en 2019 réunissait 22 essais comparant directement les deux stratégies, soit 9 219 participants. Elle ne montrait pas de supériorité nette à long terme. Les programmes variaient et la certitude des résultats était modérée : on ne peut ni désigner une méthode gagnante pour tous, ni affirmer qu’elles se valent exactement. Cochrane — Réduire avant d’arrêter, 2019

Choisissez donc une stratégie que vous pourrez suivre. Si vous préférez réduire, fixez des étapes et des dates avec l’objectif d’un arrêt complet. Des substituts peuvent vous y aider. Faites le point avec le professionnel qui vous accompagne si la réduction n’avance plus. Tabac info service — Organiser une réduction vers l’arrêt

Vérifier sa situation médicale avant de choisir les aides

La fumée peut modifier l’effet d’autres médicaments

La fumée accélère l’élimination de certains médicaments par le foie. Quand on arrête ou réduit le tabac fumé, leur concentration dans le sang peut augmenter. C’est notamment le cas de la clozapine. Utiliser un substitut nicotinique n’empêche pas ce changement lié à la disparition de la fumée. Prévenez le prescripteur de votre projet, puis de tout changement de consommation, y compris d’une reprise. Ne modifiez pas seul vos doses. NHS Specialist Pharmacy Service — Tabagisme et médicaments

Si vous êtes enceinte, demandez dès maintenant de l’aide à votre médecin ou à votre sage-femme. Des substituts nicotiniques peuvent être utilisés sous contrôle médical ; le vapotage est déconseillé. N’attendez pas d’avoir organisé seule tout votre arrêt pour consulter. Assurance Maladie — Tabac et grossesse

Signalez aussi un allaitement, une maladie cardiovasculaire récente ou instable et vos autres problèmes de santé. Le choix du médicament et ses précautions d’emploi en dépendent. BDPM — Précautions d’emploi

Prévoir les aides avant d’en avoir besoin

Les substituts nicotiniques soulagent le manque en apportant de la nicotine sans fumer de tabac. Pour choisir la forme qui vous conviendra, parlez de vos horaires, de vos préférences et des difficultés rencontrées avec un traitement précédent. Vous devez pouvoir l’utiliser dans votre vie quotidienne. Tabac info service — Choisir un traitement adapté

Un apport de fond et une aide pour les envies
Présentation À quoi elle sert
Patch Apport progressif et continu à travers la peau : une aide de fond.
Gomme, pastille ou autre forme buccale adaptée Apport plus ponctuel pour les envies. Peut compléter un patch.

Ces formes peuvent être associées. Faites préciser par le médecin ou le pharmacien lesquelles utiliser et à quel dosage : le nombre de cigarettes ne suffit pas, à lui seul, à faire ce choix. Assurance Maladie — Patch et formes buccales

Comprendre le geste, pas seulement le dosage

Demandez au pharmacien de vous montrer comment utiliser le produit. Une gomme nicotinique, par exemple, se mâche lentement, avec des pauses entre la joue et la gencive : la nicotine est absorbée par la muqueuse de la bouche. Le mode d’emploi dépend du médicament. Lisez sa notice et faites préciser les gestes avant de commencer. BDPM — Exemple de notice d’une gomme nicotinique

Prévoyez aussi leur rangement : les produits nicotiniques doivent rester hors de portée des enfants. Une dose tolérée par un adulte peut provoquer chez eux une intoxication grave. BDPM — Sécurité des enfants

Certains traitements commencent avant le jour choisi

La varénicline et le bupropion nécessitent une ordonnance et commencent habituellement avant la date d’arrêt. Le médecin vérifie s’ils conviennent à votre situation et organise la surveillance. Si vous envisagez une aide médicamenteuse, prenez rendez-vous assez tôt pour que le traitement retenu puisse être préparé. Assurance Maladie — Autres médicaments d’aide à l’arrêt

Savoir quand faire le point sur le traitement

Des envies persistantes, une irritabilité marquée ou des difficultés de concentration peuvent justifier de revoir la substitution. Des nausées, des palpitations ou un malaise peuvent notamment signaler un excès de nicotine. Ces signes ne permettent pas de décider seul s’il faut augmenter ou diminuer les prises. Demandez rapidement conseil au pharmacien ou au médecin. Assurance Maladie — Reconnaître un dosage inadapté

Vérifier le remboursement avant de commencer

En France, les substituts inscrits sur la liste des médicaments remboursables sont pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie, sur prescription d’un professionnel habilité. Certains produits ne sont pas remboursés. Vérifiez avec le pharmacien la présentation retenue, l’ordonnance nécessaire et les conditions de prise en charge. Assurance Maladie — Conditions de remboursement

Si vous envisagez la vapoteuse

Discutez-en avec le professionnel qui vous accompagne. Le vapotage peut entretenir une dépendance à la nicotine et ses effets à long terme restent insuffisamment connus. L’objectif est de cesser complètement le tabac fumé, en évitant de s’installer dans un usage durable des deux produits. L’arrêt ultérieur de la nicotine est une étape distincte à envisager dans le suivi. Assurance Maladie — Place et limites du vapotage

Garder la pause, changer le rituel

Reprenez votre journal et choisissez les moments où l’envie est prévisible. Pour chacun, décidez d’un geste ou d’un changement à essayer. Les exemples ci-dessous sont un point de départ : adaptez-les aux situations que vous rencontrez. NHS — Préparer une réponse aux envies

Préparer une autre réponse à une situation familière
Situation repérée Réponse à essayer
La pause au travail avec les fumeurs Garder une pause, mais changer d’horaire ou faire quelques pas ailleurs.
La fin du repas Se lever et se brosser les dents, puis commencer une autre activité.
Une cigarette proposée en soirée Préparer une phrase de refus et privilégier une boisson sans alcool.

L’alcool et la présence d’autres fumeurs peuvent déclencher des envies. Si une sortie réunit ces deux situations, préparez votre réponse à l’avance. NHS — Habitudes et situations sociales

À la maison, retirez cigarettes, briquets et cendriers. Vous pouvez aussi réorganiser l’endroit où vous fumiez. Demandez aux proches fumeurs de ne pas vous proposer de cigarette et d’éviter de fumer devant vous, de préférence en allant à l’extérieur. Prévoyez ensemble des activités sans tabac. Tabac info service — Préparer son environnement

Précisez le soutien qui vous ferait du bien : un message d’encouragement, une activité partagée, ou davantage de discrétion. Vous n’êtes pas obligé de prévenir tout le monde. L’important est de pouvoir demander de l’aide sans vous sentir surveillé. Tabac info service — Trouver sa forme de soutien

Prévoir des premiers jours plus faciles à traverser

Face à une envie soudaine, vous pouvez changer d’activité, marcher, boire de l’eau, occuper vos mains ou respirer lentement. Retenez quelques gestes possibles au travail comme à la maison. Ils aident à passer le moment et complètent le traitement convenu pour le manque. Tabac info service — Traverser les envies

Café et sommeil : deux points à surveiller ensemble

Après l’arrêt, la caféine reste plus longtemps dans l’organisme. Le même nombre de cafés peut donc devenir gênant. Si vous vous sentez agité ou dormez mal, réduisez les boissons caféinées, surtout en fin de journée. Évitez de compenser la fatigue en buvant davantage de café. CDC — Caféine et symptômes de sevrage

Gardez des horaires de sommeil réguliers et prévoyez des soirées calmes. Si vos nuits deviennent difficiles avec un patch, demandez conseil : le manque comme le traitement peuvent être en cause. Le professionnel pourra revoir son utilisation en tenant compte aussi des envies pendant la journée. Notre article sur le sommeil et la fatigue aide à faire le point sur ses nuits. Tabac info service — Sommeil et substitution

L’appétit peut changer

Une faim accrue ou des envies de grignotage peuvent accompagner l’arrêt. Prévoyez des repas réguliers, une alimentation variée et une activité physique adaptée à vos possibilités. Évitez de vous imposer en même temps un régime strict. Si la prise de poids vous inquiète ou devient importante, demandez un accompagnement. Tabac info service — Appétit et poids

Faire de la place au repos, rester attentif à son humeur

L’irritabilité, l’agitation ou les difficultés de concentration peuvent varier d’une personne à l’autre. Prévoyez si possible une charge de travail plus souple et des moments de repos. En revanche, si une humeur dépressive s’installe, si vous allez moins bien ou si les symptômes deviennent difficiles à supporter, contactez un professionnel de santé. Ne les attribuez pas automatiquement au sevrage. CDC — Humeur et difficultés persistantes

Savoir qui appeler et comment repartir après un écart

Notez dès le départ qui contacter en cas de difficulté. Au 39 89, Tabac info service propose un accompagnement gratuit par un tabacologue, avec des rendez-vous téléphoniques réguliers. La ligne est ouverte du lundi au samedi, de 8 h à 20 h, avec un accès via Acceo pour les personnes sourdes ou malentendantes. Vous pouvez appeler avant l’arrêt comme pendant le suivi. Tabac info service — Le 39 89

Si vous refumez une cigarette, reprenez l’arrêt dès que possible pour éviter le retour à une consommation régulière. Examinez ce qui s’est passé : manque mal soulagé, soirée, stress, traitement difficile à utiliser ? Cela vous aidera à ajuster le plan. Les jours sans tabac ne sont pas effacés ; demandez de l’aide si les difficultés persistent. Tabac info service — Réagir après quelques cigarettes

Lors du prochain échange, décrivez les moments difficiles et ce qui vous a aidé. Le soutien peut se poursuivre en entretien individuel, en groupe ou par téléphone, avec des outils numériques en complément. Vous pourrez ainsi travailler sur les obstacles à mesure qu’ils apparaissent. OMS — Les formes d’accompagnement

Votre plan tient-il sur une feuille ?

Rassemblez vos décisions en six lignes, à garder sous la main et à apporter au prochain rendez-vous.

  1. Ma raison personnelle : ce que je souhaite retrouver en arrêtant.
  2. Ma date : le jour choisi et, si besoin, les étapes de réduction avant l’arrêt complet.
  3. Mes aides : le traitement convenu, son mode d’emploi et les questions encore à poser.
  4. Mes situations à risque : les moments repérés et une réponse concrète pour chacun.
  5. Mon soutien : la personne ou le professionnel à contacter et le prochain point prévu.
  6. Si je refume : comment reprendre l’arrêt et à qui demander de revoir le plan.

Sources et lectures